Être satisfait de ce qu’on écrit


Quand on écrit, quel que soit le format, on se révèle assez souvent négatif sur ce qu’on a produit. Entre les fautes toutes bêtes qu’on se sent ridicule d’avoir fait ou simplement parce qu’on trouve le contenu plat, banal ou sans intérêt, il est très difficile de ne pas se laisser aller aux doutes. Personnellement, je suis rarement satisfaite de mon travail. Je doute constamment, j’ai souvent de grosses baisses de moral qui me donnent envie d’abandonner, mais je ne me laisse plus abattre par ces moments parce que j’ai compris une chose : écrire ça s’apprend tous les jours.

 

 

Je suis la première victime de mon exigence, mais pour apprendre à écrire il faut d’abord apprendre à arrêter de se mettre la pression. On voudrait tous que tout soit parfait dès le début (et pas seulement dans le domaine de l’écriture d’ailleurs), mais il faut bien comprendre que ce n’est pas possible.

 

 

L’écriture est un exercice difficile pour lequel il faut s’entraîner régulièrement. Au fil du temps, on apprend à ne plus faire certaines erreurs et on améliore sa plume, mais alors d’autres faiblesses apparaissent. Je dois bien avouer que c’est horriblement frustrant, mais dis-toi que c’est un peu comme les sportifs de haut niveau. Ils s’entraînent, encore et encore, pour s’améliorer. Au fur et à mesure, ils gagnent en force, en agilité, en précision… mais quand bien même ils s’entraînent tous les jours, ils font toujours des erreurs. Seulement, ce ne sont pas les mêmes qu’au début et ils s’améliorent encore et encore. Être auteur-rice, c’est pareil. On s’améliore au jour le jour, sans jamais arrêter d’apprendre. C’est la première chose à intégrer pour être satisfait de son travail.

 

 

Bon, d’accord, cela ne fait pas tout. Evidemment, il a des jours où quoi qu’on fasse, on reste dans notre négativité, on a envie de tout effacer parce que de toute façon « c’est nul » et « je ne sais rien faire ». Dans ces moments-là, éloigne-toi simplement. Prends un grand bol d’air frais, changes-toi les idées et détends-toi. Ça ne sert à rien de se forcer lorsque la tête n’y est pas. Tu ne réussiras qu’à te dégoûter de ton travail et ce n’est pas le but recherché.

 

 

Mais lorsque la crise est passée, il faut rechercher les points positifs. Personnellement, dans ces cas-là, j’ai une petite liste de questions que je me pose pour remettre les choses un peu en perspective :

 

 

Ais-je pris plaisir à écrire ce passage ?Si oui, alors c’est déjà un énorme bon point. Quand on prend plaisir à faire quelque chose, ça ne peut pas être mauvais. Il faut juste le retravailler. Si non, ce n’est pas grave. Il n’y a pas mort d’homme, une relecture intensive peut suffire pour savoir ce qui nous en a empêché. Sinon le reste des questions peuvent aider à comprendre le pourquoi du comment. 

 

 

Est-ce que ça vient du texte ou de moi ? Le but est vraiment de définir ce qui n’a pas été pendant qu’on a écrit cette scène. Quand on écrit sans être emporté par son texte pour x et diverses raisons, cela joue beaucoup sur notre satisfaction. On a toujours des pensées parasites qui nous encombrent au quotidien et quoi qu’on fasse elles restent tapies dans l’ombre et influent sur tout ce qu’on fait. Essaye de voir si ça n’a pas joué pendant l’écriture.

 

 

Qu’est-ce qui me plaît ou ne me plaît pas dans ce passage ? Là c’est le moment de faire un tableau POUR OU CONTRE et noter tous les détails du texte qui font qu’on est content ou non. Ça nous permet de savoir ce qui faut retravailler. Souvent, pour répondre à cette question je passe par plusieurs étapes : Est-ce que je trouve la scène bien construite, est-ce qu’il y a toutes les infos que je voulais donner, les détails que je voulais préciser, est-ce qu’on ne se mélange pas les pinceaux entre les personnages, les évènements, est-ce que l’action va trop vite ou pas assez, etc, etc.

 

 

Le but est vraiment de faire un état des lieux du passage qui nous déplaît et ainsi arriver au moment où on se dit : Bah tu vois, c’est pas si mal, en fin de comptes ! Quoi qu’il en soit, ce que je veux dire c’est qu’il faut garder bien en tête que rien de ce que tu fais est nul. Il faut juste savoir trouver du bon dans ce qu’on pense mauvais. C’est la première étape pour être satisfait de ce qu’on écrit.

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