Son rapport à l’écriture


Il y a quelques temps, je discutais avec une personne que je connais. Il s’agit d’un homme (appelons-le J-C) âgé de plus de 70 ans, qui vient d’achever l’écriture de son roman et qui cherche à le publier. Ce manuscrit, que j’ai lu, est extrêmement particulier et poignant. Relatant l’histoire difficile de sa fille aujourd’hui décédée, c’est un roman que j’ai eu beaucoup de mal à lire, mais qui est aussi incroyable et qui, pour moi, mérite grandement de se retrouver entre les mains de potentiels lecteurices.

 

 

Ainsi, au fil du travail de dactylographie que je l’ai aidé à réaliser, nous avons beaucoup parlé écriture et c’est alors qu’il m’a avoué que, pour lui, l’écriture était une torture, qu’il n’y prenait aucun plaisir. Autant vous dire que je l’ai regardé avec des yeux ronds comme des soucoupes.

 

 

Depuis toujours et jusqu’à cet instant, je ne m’étais jamais dis que chaque auteurice pouvait avoir un rapport différent avec l’écriture. Pourtant, cela va de soit. Plus il y a d’auteurices, plus il y a de relations et de sentiments différents face à cette activité, mais jamais je n’avais imaginé que cela puisse être une torture. Une passion, oui. Une prise de tête, certes. Mais une torture ? Impensable ! Et pourtant.

 

 

Et c’est alors que je me suis demandée : et moi ? Quel est mon rapport à l’écriture ?

 

 

Pendant des années, tout au début où j’ai commencé à coucher des histoires sur papier, je pense que j’avais surtout l’impression de faire comme tout le monde. C’était « à la mode » d’écrire quand on arrive à l’adolescence et je voulais faire partit de cette élite. J’avais quinze ans et je ne comprenais pas encore que faire comme tout le monde ce n’était pas forcément une bonne chose. Alors j’écrivais. C’était vide de sens et d’originalité, mais j’écrivais et je me sentais bien.

 

 

Et puis le temps à passé. Les années écoulées et, peu à peu, je m’éloignais de cette idée d’effet de mode. Tout ce que je voulais c’était écrire, partout, tout le temps. J’en parlais de moins en moins, parce que je n’avais pas besoin de le crier au monde entier. J’en parlais de moins en moins, parce que c’était mon truc à moi, finalement. Je me sentais bien et je refusait que quelqu’un vienne me détruire cette bulle paisible

 

 

Aujourd’hui, j’ai 26 ans. Cela fait plus de dix ans que j’écris, que j’écris vraiment. Avec mes tripes, avec mon cœur, avec ma tête. Aujourd’hui, il ne se passe pas un jour où je peux rester loin de mon clavier et de mes personnages. Pour moi, écrire est devenu aussi nécessaire que respirer. Voilà une phrase bien clichée, je l’admets, mais elle n’en demeure pas moins vraie ! Ecrire, m’a beaucoup aidé, pendant ces années entre adolescence et vie d’adulte où je me suis cherché-e. Ça m’a aidé lorsque je me suis retrouvée seul-e, sans personne à qui me confier, la tête en vrac. Ça m’aide, jour après jour, à mettre de l’ordre dans mes idées et dans ma vie.

 

 

Je me souviendrais toujours de ce que une de mes meilleures amies m’a dit un jour : « Je sais que tu vas vraiment mal quand tu es incapable de me parler écriture. « 

 

 

Et c’est justement ça, mon rapport à l’écriture. Tant que j’écris, j’arrive à gérer tout le reste, parce que l’écriture m’aide. Quand je n’arrive pas à aligner deux phrases, c’est la sonnette d’alarme qui retentit. Et c’est ça mon rapport à l’écriture, ce besoin vital de me plonger dans ma bulle et de ne plus en sortir. Appelez-moi autant que vous le voudrez, si je suis en train d’écrire, le monde peut s’écrouler à mes pieds.

 

 

Alors forcément, quand J-C m’a avoué ne prendre aucun plaisir à écrire, j’ai eu envie de lui répondre : Alors pourquoi le faire ? Et c’est là que j’ai compris. Ecrire n’est pas une question de pourquoi, mais de pourquoi pas. Peu importe qu’on aime ça ou pas, l’important est d’être en accord avec soi et écrire parce qu’on le veut. 

 

 

Et toi ? Quel est ton rapport à l’écriture ?

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